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Rue du Béguinage




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Fig 1 : le n° 5 de la rue du Béguinage.
A l'arrière-plan, l'église du Béguinage

Fig 1 : le n° 5 de la rue du Béguinage

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Rue du Béguinage? Il y eut donc un béguinage dans les environs, alors?

Et bien oui. Cette rue, comme les rue voisines, fut tracée en 1798 sur l'emplacement de l'ancien Grand Béguinage de Bruxelles, démoli sous le régime français.

 

Les n° 5 à 13 de la rue du Béguinage furent conçus entre 1822 et 1829 par l'architecte de l'hospice Pacheco, Henri Louis François Partoes. Ces maisons, d'un style néo-classique très dépouillé, furent classées en 2008 1.

 

Selon Jean d'Osta 2, la rue du Béguinage fut une rue sans éclat, vouée surtout à l'industrie artisanale: par exemple l'entreprise d'outillage Lacome, un orfèvre en gros, la coutellerie Reno, une société de nettoyage "L'Urbaine", "spécialiste du dépoussiérage par le vide" etc.

 

 

 

 

 

Les béguinages.

Un béguinage désigne une communauté de femmes pieuses, ainsi que l'ensemble des bâtiments qui hébergeaient cette communauté.

Mais, vous demandez-vous sans doute, les béguines, c'étaient quoi? Eh bien, tout simplement des femmes qui avaient le béguin. Le béguin pour Dieu, d'abord, puisqu'elles lui vouaient leur vie. Mais aussi plus prosaïquement des femmes qui portaient une coiffure qui fut appelée béguin par la suite!

Les béguines étaient des femmes qui se vouaient à Dieu, mais ne prononçaient pas de voeux perpétuels, comme les autres religieuses. Elles restaient donc des laïques. Elles pouvaient même avoir un époux.

Quelles furent les causes de ce mouvement? Surpopulation féminine au temps des Croisades. Courants mystiques durant le Moyen Age... Ce fut en tout cas un courant qui se développa essentiellement en Europe du Nord : Flandre, Allemagne etc.

Beaucoup de béguines travaillaient pour gagner leur vie, par exemple dans des ateliers de tissage ou de poterie, ou bien encore dans des hôpitaux.

Laïques, donc non soumises à la tutelle de l'Eglise, et gagnant leur vie, donc objet de jalousie de la part des autres religieux, les béguines furent souvent persécutées, sauf en Flandre. Pourquoi pas en Flandre? Parce que les béguines de Flandre furent très rapidement assez nombreuses que pour vivre dans des communautés organisées, les béguinages, véritables cités en miniature. Elles étaient ainsi plus facilement "contrôlables" par les autorités religieuses.

Sources :
Article Béguine de Wikipédia en français, 3/7/2011 (le lien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre)
Article Béguinages flamands de Wikipédia en français, 24/7/2011 (le lien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre)

 

 

Fig. 2 : le n° 5 de la rue du Béguinage,
vu depuis le parvis de l'église

Fig. 2 : le n° 5 de la rue du Béguinage,

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C'est ici, au n° 5, que naquit mon grand-père maternel Michel Isidore Hayen en mars 1894.

Le n° 5 fait le coin entre la rue du Béguinage et la rue de l'Infirmerie. C'est là que demeurait en 1851 un certain Coppens, qui était le seul mouleur en cire de Bruxelles. Il disparut en 1855 et fut remplacé par un négociant en vin et en dentelles, Minne-Dansaert 3. Ca, c'était de la diversification, ne trouvez-vous pas?

Il y eut aussi à la même adresse un marchand de couleurs et de vernis : De Coninck.

Mais dans les années 1880 et 1890, c'était la maternité de l'hospice qui était établie dans ce beau bâtiment.

 


 

La maternité de Bruxelles

C'est en 1783 que les femmes enceintes furent accueillies pour la première fois dans un quartier séparé de l'Hôpital Saint Jean, qui était alors établi rue de l'Hôpital, près de la place Saint Jean.

Tout comme les autres services de l'hôpital, la maternité déménagea en 1843 dans des nouveaux locaux situés au Boulevard Botanique.

En 1877-1878 la maternité (et elle seule) fut transférée vers plusieurs maisons particulières sises rue du Béguinage (notamment le n° 5), rue du Grand Hospice et rue de l'Infirmerie.

Vingt ans plus tard, en 1898, elle réintégra à nouveau les bâtiments de l'hôpital. C'était une maternité voyageuse!

Source : JACQUES DUBREUCQ, Bruxelles, une histoire capitale, vol. 4, p 205, 1997

 

(1) : "Les maisons remarquables du quartier du Béguinage sont protégées", Vers l'Avenir, 3/7/2008 (le lien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre)

(2) : JEAN d'OSTA, Dictionnaire historique et anecdotique des rues de Bruxelles, Bruxelles, Paul Legrain, 1986

(3) : JACQUES DUBREUCQ, Bruxelles, une histoire capitale, vol. 4, p 205, 1997