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La ferme du Pèlerin à Limal

 

 

Situation

 


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Cette ferme est située le long de la rue des Bleuets, près du pont du Pèlerin dans le quartier du même nom, à la limite entre Rixensart et Limal.

Au 19ème siècle, cette ferme, qui était à l'époque surtout un cabaret, appartenait aux aïeux de mon père, comme nous le verrons plus en détail ci-dessous.

Fig. 1 : La ferme du Pèlerin en décembre 2005

Fig. 1 : La ferme du Pèlerin en décembre 2005

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Fig. 1b : L'arrière de la ferme

Fig. 1b : L'arrière de la ferme

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Cette photo a été prise en octobre 2011, lors des travaux du RER, bien visibles à l'avant-plan.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Quelques renseignements historiques

Le Pèlerin est un encart situé aux confins N-E de Limal; il doit son nom à un cabaret "Au Pèlerin" érigé vers 1774 sur le vieux chemin de Nivelles à Wavre. Il cessa d'être exploité après la guerre 14-18 (1).

Mais pour quelle raison ce cabaret s'est-il appelé "Au pèlerin"? Tout simplement parce qu'il se trouvait sur le chemin reliant Basse-Wavre à Nivelles, deux centres de pèlerinage très fréquentés dans la région. D'une part l'église Notre-Dame de Basse-Wavre (2) et d'autre part la collégiale Sainte-Gertrude de Nivelles (3)

 

Fig. 2 : Le Neuf Cabaret sur la carte Ferraris

Fig. 2 : Le Neuf Cabaret sur la carte Ferraris

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Sur le plan Ferraris (4), établi entre 1770 et 1778, le Pèlerin s'appelait en fait le "Neuf Cabaret" (voir fig.2)

 

 

Fig. 3 : Plaque commémorant les combats du 18 juin 1815

Fig. 3 : Plaque commémorant les combats du 18 juin 1815

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Cette plaque commémorative apposée sur la façade de la ferme rappelle que des combats violents opposèrent ici le 18 juin 1815 (le soir de la bataille de Waterlooo) les troupes françaises de Grouchy aux Prussiens. Cette bataille de Limal se déroula sur le plateau situé entre la Dyle et la lisière du bois de Rixensart, donc aux alentours du cabaret (voir fig. 2). Après avoir pris le pont enjambant la Dyle vers 8 h. du soir, les Français partirent à l'assaut du versant gauche de la rivière. Le face à face continua sur le plateau jusqu'à 11h, et Grouchy décida d'y passer la nuit parmi ses hommes (5).
Ce n'est que le lendemain qu'il apprit le désastre de Waterloo et ordonna alors la retraite.

 

 

Fig. 4 : La ferme du Pèlerin vue du Pont du Pèlerin

Fig. 4 : La ferme du Pèlerin vue du Pont du Pèlerin

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La photo ci-dessus (fig. 4) date d'avril 2009. Elle est déjà le témoin d'un passé révolu, car ce petit pont à voie unique n'existe plus. Il fut démoli le 24 septembre 2011, dans le cadre des travaux du RER.
Il sera remplacé à terme par un pont à deux voies de circulation. Une nouvelle chaussée, débouchant au-delà de la ferme, reliera la rue des Bleuets à la station de Profondsart. Quelle ironie qu'un projet censé diminuer le pouvoir de la voiture, aboutisse en fin de compte à sacrifier des coins charmants pour augmenter l'emprise de celle-ci!

 

(1) Cf. DE VOS Charles, Toponymie de Limal, in Wavriensia T. XII, pp. 105-106, 1963, Cercle Historique et archéologique de Wavre

(2) Cf. Article  "Basilique Notre-Dame de Basse-Wavre", Wikipédia, 18 novembre 2010,
http://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Basilique_Notre-Dame_de_Basse-Wavre&oldid=59332639 (le lien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre)

(3) Cf. La Collégiale Sainte-Gertrude (Nivelles), Maison du Tourisme du Roman Païs,
http://www.tourisme-roman-pais.be/index.php/fr/component/content/article/56-la-collegiale-sainte-gertrude (le lien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre)

(4) : Pour plus d'explication sur les cartes Ferraris, voir notamment l'article de l'encyclopédie Wikipedia : Wikipedia > Carte de Ferraris
(le lien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre)

(5) : Cf. ARCQ Alain, Wavre et le combat de Namur 18-21 juin 1815, pp. 61-70, Editions Historic'One, Allonzier-la-Caille, 2008

 

 

 

 

 

 

 

La ferme du Pèlerin dans l'histoire de ma famille

Mon père racontait souvent que l'un de ses aïeux avait vu les soldats de Napoléon se battre à Limal. Il s'agissait peut-être de Jean-Baptiste Detry, son arrière-arrière-grand-père. Je pense pouvoir affirmer qu'il était propriétaire de la ferme-cabaret du Pèlerin.
Celui-ci est en effet mentionné en 1821 comme cabaretier à Limal sur l'acte de mariage de l'un de ses fils, Jean Antoine (voir fig.5).

Fig. 5 : Mariage de Jean Antoine Detry en 1821

Fig. 5 : mariage de Jean Antoine Detry en 1821

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Bien sûr, il n'y avait pas qu'un seul cabaret à Limal en ce temps-là! Mais une autre information vient étayer cette hypothèse : Jean Baptiste Detry épousa Marie Catherine Stenuit le 15 octobre 1796, à Limal. Si Jean Baptiste mourut en 1830, le nom de sa veuve se retrouve sur les premiers documents cadastraux à notre disposition. Le document ci-dessous (fig. 6), donne en effet les propriétés de la veuve de Jean Baptiste Detry à Limal en 1839. Et parmi celles-ci, on remarque plusieurs parcelles sises au Pèlerin : les n° 355 (une terre), 356 (un jardin), 357 (une maison) et 358 (un pré).

Fig. 6 : Propriétés de la Veuve Detry à Limal

Fig. 6 : Propriétés de la Veuve Detry à Limal

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La figure 7 ci-dessous nous montre un extrait du plan cadastral dressé par Popp à l'époque. Nous nous apercevons que les parcelles 355, 356, 357 et 358 (entourées d'une bordure rouge) correspondent bien à l'emplacement de la ferme du Pèlerin.
Marie Catherine Stenuit était donc la propriétaire de la ferme-cabaret dont elle avait probablement hérité à la mort de son époux.

 

 

Fig. 7 : Plan cadastral
de la ferme du Pèlerin

Fig. 7 : Plan cadastral

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Les documents cadastraux nous donnent également les changements de propriétaires ultérieurs (voir fig. 8) :

Fig. 8 : Propriétés de Ferdinand Marie Detry et de ses enfants

Fig. 8 : Propriétés de Ferdinand Marie Detry et de ses enfants

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L'en-tête de ce document nous indique que c'est l'un des fils de Jean-Baptiste Detry et Marie Catherine Stenuit, Ferdinand Marie Detry, qui hérita de la ferme à la mort de ses parents. A sa mort, en 1886, la ferme passa à sa veuve, Marie Joséphine Collet, puis après le décès de celle-ci en 1898, à leurs enfants.
Dans le corps du tableau, nous découvrons que la ferme et le jardin attenant furent vendus en 1901. Sans doute lors de la succession de Marie Joséphine Collet.